Évolution de la résistance d'Escherichia coli et de Klebsiella spp. aux antibiotiques à l'Institut National d'Hygiène, Lomé, Togo, 2010–2017
Résumé : Cette étude transversale descriptive a analysé l'évolution du profil de résistance aux antibiotiques d'Escherichia coli et de Klebsiella spp. à l'INH de Lomé sur la période 2010–2017. Sur 5 910 souches d'Entérobactéries isolées, la résistance d'E. coli à la Céftazidime est passée de 18,69 % à 39,26 %, et celle à la Ceftriaxone de 1,68 % à 40,22 %. Pour Klebsiella spp., des tendances similaires ont été observées. Cette croissance de la résistance aux céphalosporines de troisième génération et aux fluoroquinolones représente une menace sérieuse pour la santé publique.
Auteurs : AY. Sadji, FD. Salah, K. Akolly, AW. Halatoko, B. Bidjada, L. Amegan, K. Palanga-Karoué, A. Azon, A. Kutoati, MA. Amouzou-Glikpa, AM. Abaya, EK. Awoussi, OE. Abodji, E. Posso, JL. Gnagbane, M. Salou
Institutions : ¹Laboratoire de bactériologie, Institut National d'Hygiène (INH), Lomé, Togo ; ²Faculté des sciences de la santé, Université de Lomé, Togo
Contact : Adodo Yao Sadji, Médecin Biologiste et épidémiologiste — adodosadji@yahoo.fr — Tél. : +228 90 31 73 95
Introduction
La résistance bactérienne aux antibiotiques constitue un problème majeur de santé publique mondiale. La disponibilité des données sur le profil de résistance des bactéries aux antibiotiques, avec un recul dans le temps, est indispensable pour la mise en place de mesures de lutte efficaces. Cette étude vise à déterminer l'évolution du profil de résistance d'Escherichia coli et de Klebsiella spp. aux antibiotiques à l'INH de Lomé de 2010 à 2017.
Méthodes
Il s'est agi d'une étude transversale descriptive des données d'antibiogramme des souches d'Enterobacteriaceae isolées des prélèvements pathologiques au laboratoire de bactériologie de l'INH. Les prévalences de résistance aux antibiotiques globales et annuelles par bactérie ont été calculées et testées avec le Chi-carré (α = 0,05). Les données étaient analysées avec le logiciel Epi info 7.2.2.16.
Résultats
Au total, 5 910 souches d'Enterobacteriaceae ont été isolées avec une prédominance d'Escherichia coli (63,93 %), suivie de Klebsiella spp. (22,86 %) et d'Enterobacter spp. (5,99 %). Les germes isolés provenaient majoritairement des urines (59,59 %).
De 2010 à 2017, pour E. coli, les prévalences de résistance aux antibiotiques étaient passées :
- De 18,69 % à 39,26 % pour la Céftazidime
- De 1,68 % à 40,22 % pour la Ceftriaxone
- De 65,97 % à 67,10 % pour la Norfloxacine
- De 42,37 % à 63,23 % pour la Ciprofloxacine
Concernant Klebsiella spp., elles étaient passées :
- De 25,26 % à 42,54 % pour la Céftazidime
- De 2,17 % à 41,79 % pour la Ceftriaxone
- De 38,46 % à 55,97 % pour la Norfloxacine
- De 30,21 % à 54,12 % pour la Ciprofloxacine
Les variations des tendances temporelles étaient statistiquement significatives (p = 0,0001).
Conclusion
La croissance de la résistance des Enterobacteriaceae aux céphalosporines de troisième génération et aux fluoroquinolones constitue une menace réelle pour la santé publique en termes de difficultés de prise en charge des maladies infectieuses, pouvant conduire à une impasse thérapeutique. Il s'avère indispensable de mettre en place des mesures appropriées pour contenir cette croissance du niveau de résistance des bactéries aux antibiotiques.
Mots-clés : Surveillance, résistance aux antibiotiques, INH, Togo